Sous le soleil de Saint-Jean-le-Froid

« Mais qu’est-ce que je fais là ? »
Au petit matin tout ensommeillé au pavillon viande du marché de Rungis, sur la scène d’un banquet d’amicalistes tombés dans la marmite du folklore quand ils étaient petits ou encore entre les allées d’un marché de produits régionaux où l’on pourrait croiser à tout moment un ami, un voisin, un collègue… pour un folkloriste, il y a souvent de quoi se poser cette question.
En tout cas, c’est ce que je me suis demandé cet après-midi du samedi 10 août, sous un soleil de plomb, en nage, la Citroën C3 gravissant péniblement la route escarpée menant à Saint-Jean-le-Froid, sur la commune de Mouret, en Aveyron… si je ne me suis pas trompé, la surchauffe de mon téléphone portable me privant de Google Maps… Heureusement c’est la bonne route et apparaît la petite église romane, pittoresque et vénérable écrin au mariage de Solène et Simon, à l’invitation desquels les musiciens de la Bourrée Montagnarde ont fait le déplacement.
Le panorama dissipe immédiatement toutes les interrogations. Depuis ce piton perché à 566 mètres d’altitude, la vue est magnifique sur les environs de Marcillac et bien au-delà. Ainsi exposé au vent, il doit certainement y faire bien froid l’hiver mais c’est avec un soleil resplendissant que la cérémonie se termine et que les mariés sortent sous les vivats des invités, au son des cabrettes et accordéons des musiciens de la Bourrée Montagnarde accompagnés de Gérard Bonnenfant.
Les marches et les valses, les bourrées et les polkas égayent l’assistance qui se rafraîchit et savoure l’instant. Il est comme hors du monde et hors du temps cet instant suspendu sur un sommet à une chapelle presque millénaire. Nos instruments et nos airs ne sont pas aussi anciens mais ils participent à cette atmosphère. Faisant fi des modes, ancrés dans les terroirs et traditions, résonnant avec le cycle des saisons et les moments de la vie, de l’amour à la mort, transmis inlassablement d’une génération à l’autre, ne traversent-ils pas les âges, n’ont-ils pas quelque chose d’éternel ?
Elle a, elle aussi, traversé les âges, la Citroën Coccinelle qui emmène finalement les mariés et leurs enfants, vite suivis du cortège des invités, vers la suite des festivités, rendant à Saint-Jean-le-Froid sa quiétude.
« Si je ne faisais pas de folklore, je n’aurais certainement jamais été là. » Au petit matin, tout ensommeillé, au pavillon viande du marché de Rungis, sur la scène d’un banquet… mais cessons-là, vous l’aurez compris : être membre d’un groupe folklorique offre des occasions uniques. Et ce déplacement à Saint-Jean-le-Froid l’a très bien illustré. L’Aveyron m’était alors inconnue, je n’y étais jamais venu. Il
avait fallu ce mariage pour que je fasse le voyage… voyage qui se poursuivit à Saint-Cyprien-sur-Dourdou puis en Aubrac jusque dans le Cantal, au gré des visites de bourgs, des randonnées entre les pâturages et des joyeuses retrouvailles avec les amis folkloristes de Paris.
La Bourrée Montagnarde remercie Solène et Simon pour leur invitation et leur souhaite ainsi qu’à leurs enfants beaucoup de bonheur !
