Un folkloriste parmi les volontaires des Jo 2024
En tant que parisien, je ne les avais pas spécialement désirés, ni voté en faveur des JO 2024. Mais en 2022 lorsque la campagne de recrutement a été ouverte, je me suis dit : « Tu habites Paris !, » tu pourrais être disponible, tu as connu un peu les jeux d’Albertville en spectateur ! », alors pourquoi ne pas essayer d’intégrer l’organisation ?
Alors j’ai postulé, créé mes comptes indispensables, (pour le suivi et les formations), répondu aux différents questionnaires, le tout sans grande illusion sur le résultat de la sélection.
Après 3 ou 4 mois, sans aucune information, je commençais à me dire que je pourrais probablement descendre au Pays comme d’habitude pendant la période estivale, et fuir toute cette agitation, pas uniquement médiatique.
Puis j’ai reçu un courriel, m’indiquant, à ma grande surprise, que ma candidature était retenue, et que je faisais partie des volontaires.
Je passe sur les différents modules de sélection, les réunions en visio avec les référents et managers, que j’ai dû suivre pour valider définitivement ma sélection.
Début juillet, enfin je reçois la convocation pour récupérer la carte d’accréditation officielle, l’uniforme et le pass transport, indispensables pour se rendre sur les sites. Je commence à me sentir vraiment concerné ! Cela peut paraître idiot, mais jusqu’à présent, seules les nombreuses perturbations de voirie, les affichages dans les rues et les informations médiatiques me laissaient penser qu’il allait se passer un évènement planétaire dans ma ville.
Le 19 juillet, c’est parti : je me rends sur le site qui va m’occuper jusqu’au 10 Août : le tout nouveau Centre aquatique Olympique de Saint-Denis, proche du stade de France et du village olympique.
J’ai la 2 ème chance d’avoir été affecté dans l’équipe plongeon ( Dive Team-service équipier des athlètes ) ce qui me permettra par la suite d’assister aux épreuves de plongeon, bien sûr, mais aussi de waterpolo et de natation synchronisée.
Cette première semaine, in situ, va nous permettre, (aux volontaires de la « team), d’appréhender les lieux, de mettre en œuvre et de se familiariser, avant la venue des athlètes, aux différentes missions que nous devrons assurer pendant les 2 semaines de compétitions à suivre.
Mais nous n’aurons pas à attendre bien longtemps, car déjà en cours de semaine, les premières délégations arrivent et s’installent. On se retrouve « dans le bain », uniforme vert sur le dos, le passeport autour du cou porté en permanence, nous devrons le surveiller en permanence, afin de vérifier qui a accès aux zones ou pas. L’identification des athlètes et des coachs devient relativement facile, lorsqu’on peut les voir tous les jours dans les différentes zones d’entraînement, et sur le bassin.
Les journées sont structurées en 2 demi-journées et les missions des volontaires sont réparties, de 6h45-à 13h-14h pour l’équipe du matin et 13h 19h-20h pour l’équipe de l’après-midi.
Pour ma part, planning des missions reçu la veille, et membre de l‘équipe du matin cela voulait dire : levé à 5h afin d’être sur site à 6h45, 15mn avant l’arrivée des athlètes pour les premiers entrainements et échauffements, prévus suivant un planning défini et fourni aux délégations.
Après le relais de l’équipe de l’après-midi, fin de mission vers 13h ou 14h et repas pris en commun sous le chapiteau restaurant, après-midi, libre de suivre les autres activités.
« Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », dit-on ! ça se discute… !, en ce qui me concerne avec le recul de l’expérience vécue, 3 semaines c’est un vrai marathon, mais je me réjouis d’avoir participé pleinement à cette monstrueuse machine et ce formidable évènement que furent ces JO à Paris. Cela aura certainement un coût, peut-être le saurons-nous un jour mais je mesure pleinement la chance qui m’a été donnée de côtoyer de si près, les organisateurs, des personnalités, de nombreux anonymes et d’autres volontaires venus de tous les pays du monde, motivés comme jamais, et surtout la possibilité d’être en contact quasi permanent avec les principaux acteurs de ces JO, « les athlètes de tous pays », de réviser mon anglais, de vivre au quotidien la dure réalité d’un athlète de très haut niveau, leurs routines de préparation, leurs émotions, l’effort malgré la douleur physique, la joie contenue ou pas, suivant les nations, en cas de succès, ou la détresse en cas d’échec. L’audition sur le bord du bassin ou avec les athlètes, en tribunes réservées, des hymnes nationaux repris en cœur, par tous les spectateurs et bien d’autres souvenirs encore, sans parler des photos prises et nombreux contacts gardés avec d’autres volontaires, dont certains ont enchainé avec les paralympiques.
Ces JO 2024 à Paris, resteront à jamais gravés dans ma mémoire, et malgré les nombreux
désagréments subis en tant que Parisien, lorsque je regarderai mon uniforme, je penserai
avec un peu de nostalgie à tous ces moments intenses vécus.

